Charleroi Face B

« Ils ont aimé » – Go or Grow (Théâtre de l’Ancre)

février 7, 2010 · Laisser un commentaire

Charleroi Face B lance « Ils ont aimé », ou quand vous devenez nos yeux et nos oreilles. Parce qu’il se passe toujours quelque chose à Charleroi; parce que Face B ne peut pas être partout, tout le temps ; parce que vous, avez des choses à dire, et parce que parfois, on n’a pas envie d’écrire une tartine!
Premier essai avec Go or Grow, programmé à l’Ancre il y a quelques semaines.

« Ils ont 25 ans et leur diplôme de gestion en poche. Ils sont intelligents, compétents, créatifs et très motivés. Ils ont des rêves, des ambitions et le sens du défi. Ils espèrent un job où ils puissent donner leur pleine mesure. »

Fabrice, Sofia et Peggy se lancent pour nous: 3 textes, 3 visions, 3 témoignages.
‘Grandis ou va-t-en’

Question pour un bonus : à quelle période une boîte de consultance amasse-t-elle le plus de thunes? En temps de crise, quand ses clients – comprenez les entreprises -, sont prêts à tout pour ne pas boire la tasse, ou en période de croissance, quand tous cherchent à maximiser leurs profits? Peu importe finalement, une boîte de consultance tire toujours le jackpot !

Grow or go, présenté aux Ecuries du 12 au 16 janvier 2010, taille un costard à ce monde merveilleux de winners ambitieux qui prodiguent leurs pensées formatées à coup d’indicateurs économiques et d’objectifs à atteindre. Analyse clinique de cette économie de la performance, où l’humain n’est qu’une variable parmi d’autres.

Plus en phase avec l’actualité, tu meurs.

Une fois de plus, lAncre tape juste et démontre avec Grow or go que le théâtre, quand il n’est pas engoncé dans ses murs, reste une terrible machine à déformater les esprits. Vivement recommandé s’il repasse par chez nous.

Texte: Fabrice Laurent


‘La croissance ou rien…’

Ce spectacle dévoile le monde de la consultance avec une justesse qui fait froid dans le dos. En effet, tout contribue à cette ambiance glaciale : le décor, sobre et impersonnel. Une table, une chaise, un ordinateur, une projection de chiffres éclairant la scène. Les personnages, redoutablement formatés tant dans l’apparence vestimentaire que dans le langage. Ces clones en costard ou en tailleur haute couture s’expriment dans une langue codifiée et ne cessent de répéter des expressions comme autant de formules incantatoires : performance, compétition, flexibilité, adaptation, profit. C’est ça, l’esprit d’entreprise.

La pièce nous plonge dans un univers abstrait, froid et « rationnel ». Un univers lointain aussi, presque comme si il ne nous concernait pas, nous. Or, c’est une illusion. Car la seule raison qui anime les consultants en entreprise, c’est la croissance, et à tout prix. A aucun moment, on n’entend le terme « personne » car les êtres humains que nous sommes sont réduits à l’état de chiffres et de « pertes inévitables», comprenez licenciements en masse. La globalisation influe bien sur nos vies, dans la sphère professionnelle comme dans la sphère privée. En effet, nos vêtements, nos aliments, nos loisirs nous inscrivent dans la mondialisation.

Nous vivons dans une société de plus en plus complexe et compétitive où les enjeux sociaux, politiques, économiques, culturels et écologiques s’entrechoquent. Ainsi, on baigne dans la mondialisation des marchés économiques, à tel point que le terme “capital” est entré dans le vocabulaire quotidien. La publicité nous assomme avec des produits garantissant notre « capital santé » ou notre « capital beauté ». La société de consommation dans laquelle nous vivons tous semble vouloir notre confort, notre bien-être à coup d’achats de produits toujours plus indispensables

Paradoxalement, cette recherche du bien-être général s’accompagne d’un recul de la solidarité, de la démocratie et des droits de l’homme. Les exemples proches de nous ne manquent pas : selon la CSC, les annonces de licenciements collectifs ont été deux fois plus nombreuses en janvier 2010 qu’en janvier 2009. En janvier de l’an dernier, 3.482 emplois avaient été supprimés alors qu’au cours de ce mois de janvier, les restructurations annoncées portent sur 6.621 emplois.

Cette situation est parfaitement illustrée dans « GROW OR GO », qui est un cynique tableau d’un monde en « croissance ».

Texte: Sofía Injoque Palla

‘Go or Grow

Ce que j’apprécie vraiment dans la programmation du Théâtre de l’Ancre, ce sont les différentes pistes qui nous sont données pour la lecture d’un spectacle : les rencontres et débats, simples et efficaces, ou la mise en parallèle avec des interprétations de la thématique dans d’autres disciplines.

Pour une fois, avec Go or Grow je n’ai assisté qu’à la pièce. J’ai ici découvert un univers tellement lointain de mon quotidien ! Un stéréotype tellement gros que je ne l’imagine qu’issu d’un film ou d’un roman.

Ici, le « montage » de la pièce vient d’un reportage. Pas vu… mais magistralement ressenti durant le spectacle. Les scènes sont séquences. Rewind, repeat, roulettes. La précision du geste observé chez les « vrais » prend toute son ampleur. Une mise en scène sobre et subtile. Ils sont vrais. Ils sont faux. Ils ne sont pas eux-mêmes. Normal, c’est du théâtre. Effrayant, ils reflètent la réalité, une des réalités de notre monde.

Texte: Peggy Francart

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Concert de Ghinzu le 4 février 2010 à l’Eden

février 5, 2010 · Laisser un commentaire

L’un des plus talentueux groupes de rock belge actuel en concert devant un parterre de 200 privilégiés… n’importe quel festivalier en hibernation en rêverait, Nathalie l’a fait ! Pour les adeptes des concerts pop-rock de l’Eden, inutile de vous présenter Nathalie, pour les autres, Miss De Lattre de son nom, c’est tout bonnement le Père Noel des oreilles carolorégiennes sous des allures de Wonderwoman. Avouez qu’amener Ghinzu ou Deus à jouer devant 200 personnes dans la ville la plus décriée de Wallonie faut quand même de sacrés pouvoirs non ?

Fin de la parenthèse, revenons au concert.

20h45 : Je trépigne d’impatience. Les yeux rivés sur cette mini scène balayée de lumière, j’engloutis le fond de ma bière pour me libérer les mains quand les premières notes de « Mother Allegra » se font entendre. Ca y’est, les voilà, encore une fois Wonderdelattre ne nous a pas menti.

« Mirror Mirror », « « Dream maker » les titres s’enchaînent mais le public tarde à s’enflammer, se contentant de timides mouvements de tête. Venus pour se réconforter avant leur 1er Forest National, les Ghinzu ne vont pas s’en satisfaire. Pourquoi faire tiède quand on peut faire bouillant ? Fini de rigoler, on ne propose plus, on ordonne : « Twist and Shout ! ». Taillé pour faire fondre la piste, le groupe se lance dans une reprise endiablée des Beatles avant de nous achever avec un « Purple rain » électrisant.

Le public est conquis, en trance devant ces héros modernes qui enchaineront 2 rappels. N’oubliant aucun de leurs tubes (« Dragster wave », « Do you read me », « blow », « Take it easy »…) John Stargasm finira même par nous offrir un piano-voix de « Sweet Love » en guise de cadeau d’adieu.

Après 2h de concert les lumières se rallument. Le plus naturellement du monde, le groupe se joint au public pour déguster une petite bière avant de se remettre en route.

Une chose est sure, ce jeudi 4 février 2010, n’importe quel festivalier en hibernation aurait rêvé… d’être carolo.

Photo: Jérôme K

http://www.jerome-k.com/


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Nouvelle rubrique: « Ils font bouger Charleroi »

janvier 22, 2010 · Laisser un commentaire

L’an nouveau traîne dans son sillage son lot de bonnes résolutions et de bonnes surprises… notamment l’arrivée de notre nouvelle rubrique « Ils font bouger Charleroi »: le « carolo de l’année » du pauvre, la « boîte à questions » version longue, le « on a tout essayé » avec un seul invité: bref, LA rubrique-presque-déjà-culte du siècle!

Par leur volonté, leur énergie, leur investissement, leurs projets, « Ils » et « Elles » font bouger Charleroi, au sens propre comme au figuré. On vous les présente, un par un, dans un lieu de Charleroi qui leur ressemble.

Découvrez vite notre première victime: Peggy Francart, de la Compagnie Tak/Tak!

Avec la collaboration de Jérôme K, photographe.

(cliquez sur la page « Portraits »)


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I AM au micro de Charleroi Face B – Love in Respect Day

décembre 20, 2009 · 5 commentaires

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Avant de devenir célèbres en évitant de peu la première place du concours d’Air Guitar, Charleroi Face B réalisait un exploit de taille, le 28 novembre dernier, en s’introduisant dans les coulisses du Love in Respect Day pour interviewer – à l’arrache – AKHENATON, le leader du groupe de rap marseillais I AM.

Si ça, c’est pas Charleroi, en tout cas, C’EST DE LA BOMBE :-) Et c’est exclusif!

Charleroi Face B a toujours un plan B.

Le Love in Respect Day était organisé par les Mutualités Socialistes dans le cadre de la lutte contre le sida.

Images et montage: Jima (merci à lui!)


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Charleroi/Danses: la Biennale

décembre 6, 2009 · 4 commentaires

La Biennale de Charleroi Danses, a priori, ça ne me disait rien. De toutes les disciplines artistiques, c’est la danse qui m’a toujours semblé la plus difficile à cerner, plus encore que l’opéra ou l’art contemporain. Charleroi/Danses, je connais – forcément, c’est super connu – mais je ne suis jamais allée aux Ecuries. Trop élitiste, trop abstrait, trop prise de tête, trop cher : autant d’idées reçues que j’avais sur l’opérateur culturel le plus internationalement renommé de Charleroi.

Et puis, le programme du festival a atterri dans mes mains, et me voilà partie à la découverte de trois performances gratuites, qui ont changé ma vision des choses.

(Photos: Emilie Jacquy)

STREET PERFORMANCE

Gwendoline Robin

Samedi 14 novembre à 15h50, j’arrive sur la Place Charles II. A première vue, rien n’indique qu’il va se passer quelque chose, à part la « rubalise » (bande plastique rouge et blanche) qui délimite un périmètre de sécurité, devant les marches de l’Hôtel de Ville. Les mêmes que la police utilise pour sécuriser les lieux d’un crime. Quelques personnes attendent déjà, le regard fuyant, amusé. C’est marrant comme dans ce genre d’événements qui sortent du cadre, les gens sont mal à l’aise. Mais heureusement, des visages familiers commencent à nous rejoindre : l’establishment de la culture carolo, la presse, ceux qui viennent à tout, et même quelques novices qui passaient par là, attirés par cet attroupement inhabituel. Je suis en terrain connu.

Dans l’espace interdit, il y a des monticules de terre qui font penser à des terrils, reliés entre eux par une mèche. Gwendoline Robin (l’artiste) entre en scène et commence par tracer des cercles invisibles avec un tube, auquel elle vient de mettre le feu. Pitié, pas de masturbation intellectuelle :-)

J’ai déjà commencé à faire ma mauvaise langue, avec mon voisin de droite, un bruxellois qui s’avère en fait un ancien camarade de journalisme. Ben oui, les performances c’est souvent un peu trop conceptuel pour les gens comme nous, qui vivons dans la vie réelle.

Après quelques longues minutes, à l’aide du même tube, elle finit par allumer la mèche (rappelez-vous, celle qui relie tous les monticules de terre). Et là, alors qu’on croit que ça va prendre une heure, c’est la surprise générale : le monticule le plus proche de moi explose, se décomposant en projectiles sur le public ébahi. On est à peine remis, que ce sont tous les terrils qui explosent en même temps, créant une guerre des tranchées du 21ème siècle. On secoue sa veste, on se regarde, on rit d’avoir été piégé.

Place maintenant au spectacle final : l’artiste enfile une combinaison genre cosmonaute, une cagoule de braqueuse de banques, et s’attache des explosifs aux mollets. Le silence fait place à des murmures, et l’attente n’est pas très longue avant qu’elle ne se fasse exploser sans prévenir.

Waouh ! Ca, c’est du spectacle ! (Rassurez-vous, l’artiste est toujours en un seul morceau)

Le sens de tout cela ? Je n’en ai pas la moindre idée. Le rapport avec la danse ? Il ne saute pas aux yeux non plus. Mais j’apprécie le côté inattendu et unique de cette performance. C’est pas tous les jours qu’on fait exploser Charleroi !

Puis, ce qui est bien avec les performances, c’est que les gens se dispersent aussi rapidement et aussi anonymement qu’ils sont venus.

DANSE, DANSE, DANSE, TANT QUE TU PEUX

Lise Duclaux

Je continue rue Neuve. Il y a là, paraît-il, des gens qui dansent dans une vitrine.

C’est facile, il suffit de chercher l’attroupement des spectateurs de l’insolite, constamment renouvelé par le départ de l’un et l’arrivée de l’autre.

Tous les regards sont tournés vers un couple qui danse derrière une vitre, dans un décor épuré. En s’approchant et en tendant l’oreille, on peut percevoir les sons qui mettent leur corps en mouvement. Je reconnais Marcia Baila, des Rita Mitsuko. Le couple danse, tant qu’il peut, il danse depuis une heure, peut-être deux. Jamais il ne s’arrête, jamais il ne pose son regard sur nous. Chacun des partenaires n’a d’yeux que pour l’autre. Inlassablement, ils se laissent guider par la musique pour improviser des pas et nous transmettre leur joie d’être là.

C’est beau, apaisant. Ca fait du bien, une parenthèse dans la course effrénée de la journée.

Nous sommes invisibles, anonymes. Libres de partir comme on est venus. Et ça, ça fait du bien aussi.

STATIONS URBAINES

Maya Bösch

Troisième et dernière étape du voyage : la vigie. Oui, cette grande – et pas très esthétique – tour jaune qui surplombe le rond-point dit ‘du Marsupilami’.

Je me retrouve dans la file avec les mêmes visages familiers que tout à l’heure. Je retrouve le même amusement que tout à l’heure, aussi. De nouveau, on n’a aucune idée de ce qui nous attend, et on est tous dans la même galère. Surtout que les gens entrent par poignées dans un vieil ascenseur qui n’inspire pas confiance, et n’en redescendent pas. Ça rappelle un peu la « Quatrième dimension ».

Heureusement, rien de glauque, une fois le 17ème étage atteint. Le sommet de la vigie, ancien poste d’observation, s’est transformé en théâtre en plein ciel. Matelas, coussins et sacs de couchage sont disposés à même le sol : une sorte de camp de réfugiés qu’on nous invite à investir, le temps d’une pièce fleuve de 5 heures, intitulée Ein Sportstück. 5 heures, c’est pour les plus courageux hein. En fait, on est libres de rester le temps qu’on veut (ouf !)

Un poste de télé diffuse des images de match de tennis, pendant qu’une voix enregistrée déclame un texte farfelu. Moi, c’est plutôt l’ambiance qui m’intéresse, et l’ambiance est vraiment, vraiment particulière.

Et puis, il y a la vue. Imprenable. Insoupçonnée. Comme c’est beau, Charleroi, la nuit ! Les lumières de la ville, le vent piquant de novembre, le trafic vu d’en haut, les usines, les terrils…

On devrait ouvrir la Vigie plus souvent.

Finalement, j’aime bien les performances. Et j’aime bien ce que j’ai découvert de Charleroi/Danses.

Ce serait chouette que de nouveaux visages viennent se joindre à nous, la prochaine fois! ( Oui, c’est à vous que je parle!)

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La muerte… is not dead!

novembre 26, 2009 · Laisser un commentaire

Halloween est en vogue. La fête folklorique anglo-saxonne est devenue, en l’espace de quelques années, une quasi-obligation pour les établissements scolaires, une vache à lait pour les commerces et un prétexte de débauche supplémentaire pour les alcooliques sociaux que nous sommes. C’est ainsi que, chaque année, vampires, zombies et autres créatures maléfiques viennent voler la vedette à nos doux et bienfaisants aïeux sensés reposer en paix dans leur demeure éternelle.

La mort a été la muse de nombreux artistes, tels que le belge Marc Laguna et son groupe heavy-metal alternatif La Muerte, fondé dans les années 90 et aujourd’hui disparu.

C’est en son honneur que Le Vecteur accueillait la nuit du 31 octobre dernier une soirée revival, avec projection vidéo de Marc Laguna himself, performance de la Fille d’O, concert de King of Nunchaku, et dj sets de Colan Toni et de Bronco Billy.

Photos prises et commentées par Lionel Campion.

Au V2

Ça, c’est l’installation de Marc Laguna, parallèlement à la projection de son film. C’est composé, j’imagine, de ce qui lui passe par la tête : on voit des drapeaux, parce qu’il est fan de courses – de dragsters principalement ; le Christ représenté par un squelette, sur la croix, rapport à la mort, avec des barbelés en guise de couronne ; la boule à facettes au-dessus, rapport à la musique sans doute… ‘Mack’, sur le bassin du squelette, c’est une marque de camions… Y a aussi des couteaux, des épées… Il est fort dans le côté « street rock », le côté Punk des années 80. Punk is not dead ! »

« La symétrie de sa composition est impressionnante : il y a un axe central, qui mène directement au squelette, et le reste prend forme à partir de cet axe, sur des lignes obliques. On a l’impression qu’il a utilisé un mètre, tellement c’est symétrique ».

« Ça, c’était à côté de l’installation. C’est comme s’il nous disait ‘Attention, préparez-vous, ce que vous allez voir, c’est dangereux ‘ Il y a beaucoup de sous-entendus par rapport à la religion, la mort, la vitesse ».

Marc Laguna

La vidéo: « Drag strip 69″

« J’suis pas fan, mais j’ai apprécié, parce que ça sortait de l’ordinaire. Je n’ai pas l’habitude de voir ce genre de films. Il s’articule en trois parties, qui s’alternent et se font écho : le démontage d’un moteur, la danse de filles qui se déshabillent, et des courses de dragsters. Plus on arrive au centre névralgique du moteur, plus l’enchaînement s’accélère : les courses de dragsters s’enchaînent plus rapidement, il y a des flammes, le rapport à la nuit, le strip tease arrive à sa fin. Marc Laguna met en avant l’intensité de la course, et le moment où la fille est de plus en plus excitante. C’est très érotique ! ».

Marc Laguna

La fille d'O

La Fille d’O

« Pendant toute la projection du film, elle était allongée devant, comme pour dire ‘J’attends la fin de l’histoire pour me réveiller’.

Pour moi, elle n’est pas vulgaire. Je crois que justement, elle essaie de rendre la nudité plus facile, le fait de se déshabiller devant un public, plus simple, plus abordable. Elle sort le strip tease des vitrines, et elle en fait vraiment une performance »

« Là, elles dansaient sur de la musique un peu chaotique, psychédélique. Elles déambulaient sur scène comme des zombies. La Muerte’s not dead, ça veut dire « on va revivre », « La Muerte ne mourra jamais« . D’où le clin d’œil aux zombies.

Elles nous mettaient en garde avec différentes affichettes, par exemple : ‘Faut faire attention, parce que les zombies aiment bien manger les cuisses, plus que le genou, ou plus que la jambe’ ou encore ‘Ce que les zombies détestent, c’est les stroboscopes’.

A la fin, justement, elles se sont mises face au public et ont joué avec un stroboscope très lent. On était plongés dans le noir pendant une seconde, une seconde et demi, et à chaque nouvel éclair, elles s’approchaient par à coups. Puis elles se sont jetées dans les gradins, sur nous quoi, et elles ont grimpé. C’était amusant à voir. Y a eu des cris, des rires, peut-être même quelques pelotages ;-)»

King of Nunchaku

Les parisiens de King of Nunchaku sont la progéniture spirituelle de La Muerte.

« Eux, ils n’avaient rien de zombies, au niveau énergie ! Ils sont jeunes (16 -18 ans) mais ils ont une sacrée présence scénique. C’est des vrais rockers dans l’âme, avec les santiags, les jambes arquées et tout… Je pense qu’on entendra encore parler d’eux »

King of Nunchaku

King of Nunchaku

Le Vecteur

« Ils ont vraiment une programmation à part, qu’on trouvait à Bruxelles dans les années 90 et qu’on ne trouve plus aujourd’hui. Bruxelles se gausse un peu de son statut international, et en oublie un peu les performances super intéressantes, comme on peut en voir de plus en plus, par contre, à Charleroi».

Merci Lionel :-)

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Si t’écoutes ça… C’est Charleroi !!!

novembre 16, 2009 · Un commentaire

L’équipe de Charleroi Face B a enfilé casquette et baskets pour vous ramener des images de LA soirée Hip Hop qui a eu lieu le vendredi 6 novembre dans la magnifique salle du Coliseum.

Outre le rappeur français controversé « Orelsan », 3 groupes Made in Carolo ont fait bouger les 600 nuques présentes battant la mesure au rythme des beats bien léchés de Capuchon, KLM, Exodarap et Saladin. Un plateau d’artistes magnifiquement servit par le collectif « Back in the dayz ». Une initiative qui, nous l’espérons, fera des petits.

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L’agenda de novembre est arrivé!

novembre 2, 2009 · Laisser un commentaire

De l’atelier d’écriture au concert de métal en passant par un ciné-club, Charleroi Face B a sélectionné pour vous une quinzaine d’événements à ne pas rater ! Tout le monde y trouvera son bonheur… (voir page agenda)

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Le Ciné le Parc sort de sa chrysalide

octobre 27, 2009 · 4 commentaires

« Est-ce que ce siège est libre ? ».

C’est la première fois que je pose cette question au Cinéma Le Parc. Et puis, il n’a jamais fait aussi chaud. Et mmmm, qu’est-ce qu’ils sont confortables, ces nouveaux fauteuils ! J’ai la tête qui s’enfonce sans efforts, c’est doux comme du papier WC Moltonel. Comme de l’ouate !

Je suis à la soirée de réouverture du Cinéma Le Parc et ils passent « Le Ruban Blanc », Palme d’Or du dernier festival de Cannes.

Je peux l’avouer maintenant : nostalgique comme je suis, j’avais quelques réticences face au relooking de mon cinéma préféré. Et s’il perdait son âme, toutes ces petites choses que les consommateurs de pop-corn lui reprochent, mais qui le rendent justement différent des autres ? Différent des ‘gros cinémas’ dont on dit parfois qu’ils n’ont pas d’âme ?

Mais aujourd’hui, je suis convaincue qu’un bon petit coup de neuf, ça ne peut pas faire de mal. Et puis, c’est pas parce qu’ils ont rajeuni leur salle, qu’ils vont commencer à passer des merdes. Enfin, quand je dis « merde », on s’entend hein… Tout est une histoire de goût, et le goût, ça appartient à chacun. Ce que je veux dire, c’est qu’ils restent fidèles à la programmation de qualité qu’on leur connaissait. Un cinéma d’art et essai, ça ne sent pas forcément le vieux, et c’est pas forcément glauque. Arrêtez avec vos vieilles idées reçues !

J’en profite au passage pour relancer la vieille guéguerre entre le cinéma dit « commercial » et « l’autre » cinéma, celui qu’on appelle « d’auteur ». Oui, parce qu’après tout, chaque film qui sort a – forcément – été pensé par quelqu’un, ou quelqu’une, ou toute une série de quelqu’uns et de quelqu’unes grassement payés (ou pas). Même la plus grosse des daubes a dû être imaginée, écrite, tournée, montée, produite et post-produite, avant d’être distribuée, que ce soit sur les écrans ou directement dans les bacs.

Ces appellations toutes faites, véritables étiquettes qui conduisent à de grossiers amalgames dans la tête du « citoyen lambda » (pour peu que celui-ci existe), méritent d’être débattues. S’il y a bien un truc qui m’a toujours fait c****, quand je disais que j’étudiais le cinéma, c’est le moment où on me demandait : « Et c’est quoi, ton film préféré ? ». Question automatiquement suivie de « Que penses-tu du nouveau film de X ou Y », en général d’obscurs réalisateurs qui faisaient l’unanimité au sein du cercle réduit de l’intelligentsia du cinéma. Y avait pas intérêt à avoir manqué la chronique hebdomadaire d’Hugues Dayet.

Moi, j’ai pas de film préféré. J’arrive pas à choisir. Et je n’ai pas honte de dire qu’à l’époque, j’ai aimé « Titanic » et que je trouve le scénario de « Retour vers le futur 2 » super bien ficelé (je suis une enfant des années 80). Et il y a des « films d’auteur » devant lesquels je me suis endormie. Oui, j’ose le dire.

Attention hein, je suis la première à défendre les cinémas d’art et essai et à soutenir leur mission culturelle d’intérêt public : 100% pour la diversité culturelle, le soutien aux petits films indépendants et à la recherche esthétique. J’ai juste envie de dire qu’à force de galvauder le vocabulaire cinématographique et de tout mettre dans des cases, on finit par effacer les nuances et donner des complexes à ceux qui oseraient franchir les portes du Cinéma Le Parc, persuadés qu’ils ne comprendront rien au « vrai » cinéma d’auteur, et qui préfèrent se fondre dans la foule bruyante du CinépointCom (perso, je préférais « Carollywood », c’était un peu plus kitsch).

Rassurez-vous, vous qui êtes allés voir « Le Petit Nicolas » : un « blockbuster », ce n’est pas forcément mauvais, pas plus qu’un « film d’auteur » n’est forcément génial. Un bon film (pour moi) c’est d’abord un bon scénario, des images qui retiennent le regard, et c’est surtout un contenu. Un contenu qui nous dit quelque chose sur nous, et sur le monde qui nous entoure ; un contenu qui nous questionne sur nos habitudes, nos certitudes, nos rêves, nos modes de vie ; un contenu qui éveille des émotions, qui donne envie de dire « Je t’aime» ; un contenu qui nous pousse à changer quelque chose dans notre vie ; un contenu qui nous bouleverse… et auquel on repense le lendemain, le surlendemain, voire des années après.

Si vous aimez ce genre de films, poussez les portes du Cinéma Le Parc. Vous serez surpris de voir ce que les « challengers » du cinéma, ceux que la grosse machine à fric n’a pas voulu produire, ont à vous offrir. Tendez la main aux jeunes cinéastes qui veulent faire leurs preuves. Découvrez des films qui viennent d’ailleurs. Revivez des classiques du cinéma.

Bref, n’attendez plus pour découvrir le nouveau look et le programme d’automne du Cinéma Le Parc, et profiter d’une foule d’avantages :

- Fauteuils hyper confort, et pas encore de cheveux collés dessus

- Ambiance « boîte de nuit » - Accès pour les personnes à mobilité réduite

- Plus de sécurité le soir (la porte se ferme automatiquement et n’est ouvrable que de l’intérieur)

- Un personnel proche et accessible (au sens propre du terme… Vous comprendrez !)

- Un prix compétitif (5,50 et 4,80 étudiants)

- Pas de pop-corn sur les sièges.

- Pas de tentations sucrées à l’entracte

- Pas d’entracte

- Pas (trop) de difficultés pour se garer

Si vous en voyez d’autres, n’hésitez pas à compléter la liste :-)

http://www.cineleparc.be/

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La face B de l’opéra… Dès demain au Vecteur

octobre 21, 2009 · 3 commentaires

Soyons honnêtes, lorsque le mot « opéra » est malencontreusement prononcé dans une conversation polie, pas mal d’entre nous développent une forme particulière d’allergie, se caractérisant principalement par des grincements de dents. A l’esprit, surviennent alors des images d’assemblée de vieux snobs endimanchés baillant aux corneilles, jumelles à la main, devant une grosse dame vociférant des paroles d’un autre âge, pendant plus de trois heures.

C’est de quoi nous allons parler !

Non, attendez, ne partez pas !

Il s’agit d’un opéra ELECTRONIQUE ! Intrigant, n’est-ce pas ? On reprend : tout le monde sait ce qu’est un opéra. Presque tout le monde connaît la musique électro (si pas, consultez l’article précédent). On mixe le tout, et on obtient « Dawn, Dawn, Dawn » un Electro-opéra qui prend ses quartiers au Vecteur dès demain.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, parlons un peu de l’origine de cette singulière aventure. A la base du projet, deux femmes, deux parcours. D’un côté, Chrisvds : son truc, le processus de création. Elle a d’ailleurs créé l’agence artistique BAT Concept, qui produit le spectacle. De l’autre, Lili Vox, diplômée des Conservatoires de Mons et de Bruxelles. Musicienne mais aussi, chanteuse lyrique, elle dispose de plusieurs cordes à son arc.

Elles avaient l’idée et la voix. Etape suivante : trouver le texte. Comme le précise Chrisvds, le tandem fonctionne au coup de cœur. Des images fortes, pleines d’émotions, tantôt naïves, tantôt apocalyptiques, chargées de symboles et pourtant tellement proches d’une réalité où suinte la folie de notre société. Bienvenue dans un univers empreint de dualités, sombre et lumineux à la fois: celui de Milady Renoir, poétesse hors du temps. C’est son recueil ‘Intérieur Cuir’ qui inspirera les textes de cette création hors du commun.

Reste ensuite à habiller ce corps éphémère… Les deux conceptrices partent alors à la quête d’autres talents pour donner vie à leur œuvre. C’est ainsi qu’entrent en scène, petit et petit, un danseur, un chorégraphe, un vidéaste, un designer, des musiciens, un concepteur d’enceintes acoustiques et une styliste… « Dawn, Dawn, Dawn » prends harmonieusement forme !

Mettre en avant la complémentarité de chaque discipline, placer tous les protagonistes sous le feu des projecteurs : une autre volonté du duo. Objectif atteint ! Par moments, le visuel prend le pas sur les artistes en scène, il nous hypnotise. A d’autres, le son nous emmène ailleurs. On se surprend même à ne plus regarder la personne, mais les étranges accessoires dont son partenaire l’affuble. Ce tout, cette alchimie, plongent le public dans un voyage insolite abordant avec nuances et audace le vaste thème du cycle de la vie !

‘DAWN, DAWN, DAWN, Electro opéra

www.electroopera.com

les 22, 23 et 24 octobre à 20h30

Au Vecteur 30 rue de Marcinnelle à Charleroi

Entrée 7€ (5€ pour les étudiants)

A l’initiative de Rafales ASBL et du Vecteur

www.asblrafales.be
www.vecteur.be

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