Trois en un… voire quatre, au Musée de la Photo

10 Juin

On commence fort dès l’entrée…

Parmi une foule attentive, un vieux Monsieur déambule paisiblement. C’est Duane Michals, il a 77 ans. Etonnamment, c’est une certaine jeunesse et un enthousiasme à toute épreuve qui émanent de lui dès la première impression. Il est venu assister à l’inauguration de l’exposition « 50 », qui retrace plus de 50 années d’une carrière hors du commun : la sienne ! Ne vous y méprenez pas, comme il le précise dès le départ, il ne s’agit en rien d’une rétrospective mais bien de la présentation d’un travail encore inachevé.

Andy

Andy Warhol, Jeanne Moreaux, Giorgio de Chirico … Quelques grands noms parmi tant d’autres immortalisés par Duane Michals. Loin du portrait classique, le photographe replace le sujet dans son univers artistique, l’y confronte et interroge. Des portraits vrais et profonds,  à l’image de cette photographie de René Magritte (décidemment, on parle beaucoup de lui en ce moment), qui plus que jamais évoque son œuvre et nous plonge littéralement dans le monde surréaliste de l’homme au chapeau melon.

Une autre partie de l’exposition est consacrée aux séquences. Duane Michals en fût l’un des précurseurs en l’utilisant abondamment fin des années soixante, bouleversant ainsi les conventions de l’époque. A travers plusieurs images, il met en scène des personnages et raconte une histoire parfois anodine, tantôt fantastique, mais toujours chargée de symboles.

Magritte

Changement de décor

Plafonds bas, lumière crue, béton omniprésent voire agressif, portes capitonnées : l’ambiance idéale pour présenter ces grands formats couleur, solidement encadrés. Bienvenue dans les coulisses du pouvoir !

Christian Lutz, né à Genève en 1973 et ayant étudié dans notre belle capitale, est photographe depuis 1996. Avec Protokoll, il nous propose de découvrir en une quinzaine de photographies un travail réalisé de 2003 à 2006 dans différents endroits de pouvoir, en Suisse mais également à l’étranger.

02PTKL012 Des décorums d’opérette, des cérémonies officielles qui font sourire, un conseil d’administration au sommet inspirant froideur et inquiétude, un parlementaire qui roupille en pleine séance : le photographe décortique les arcanes d’un pouvoir qui nous dépasse. Constat d’autant plus flagrant lorsqu’on observe le stoïcisme affiché par un général aux lunettes noires, prêt à exécuter d’obscurs ordres.

Christian Lutz explore également cette solitude du pouvoir, illustrée notamment par cette photographie d’un ambassadeur isolé dans un couloir, répétant son discours, ou encore par celle d’un autre, seul dans son immense et somptueux bureau. A quoi pensent-ils ? Que se disent-ils ? Quelles en sont les conséquences sur le monde ? Telles sont les interrogations qui s’imposent à nous tout au long de cet étrange voyage. Et comme nous le fait remarquer le photographe (à son grand regret), il ne nous manque que le son…

24PTKL052

Et de 3!

Pour changer un peu, je vous propose un petit exercice : pensez à Cuba ! Vous y êtes ? A présent, rassemblez les images d’Epinal, clichés et autres idées toutes faites qui vous viennent à l’esprit… et oubliez-les ! Vous êtes à présent prêt à découvrir la troisième exposition. Devinez de quoi on va parler ?

Plonger dans le quotidien d’une famille afro-cubaine de San Leopoldo (quartier noir de la capitale), quoi de mieux pour découvrir le vrai visage de la patrie du Che ? Loin des images paradisiaques véhiculées par les agences de voyage à l’affût de clients crédules, avec Beyond History, partez pour un voyage au cœur du vrai, de l’authentique.

Cuba

V.D., Vincent Derouck, photographe né à Bruxelles en 1975, sort du photoreportage classique en s’immisçant dans l’intimité des protagonistes, avec un style proche de la photo amateur. Il colle, peint, assemble photos et textes, et écrit même sur les murs (à la grande joie du directeur du Musée…). Il investit littéralement l’endroit, voire il le squatte ! Une aventure intérieure de l’autre côté de l’équateur.

Cuba2

Quand y en a plus, y en a encore…

Non contente de nous avoir présenté trois expos d’enfer, l’équipe du musée a le plaisir de nous présenter la Galerie du Soir !

C’est quoi ? Il s’agit d’un partenariat entre le Musée de la Photo et le journal Le Soir, qui a  pour objectif de présenter à chaque grande expo, un jeune photographe à découvrir.

En plus d’un accrochage (réduit mais significatif), il verra son travail exposé dans les pages du quotidien et sur le site http://www.lesoir.be, et bénéficiera d’un portfolio dans la Revue Photographique.

C’est Aurore Dalmas qui inaugure l’espace avec ses trois grands formats. Cette jeune photographe ayant reçu le Prix ‘Coup de Cœur’ de la Cambre en 2005 pour son travail de fin d’année, explore différents styles sans jamais s’y laisser enfermer. Elle aborde ses thèmes avec originalité, n’hésitant pas à innover, à interpeller. Avec une première qui démarre aussi fort, ça risque d’être prometteur…

RDV sur www.museephoto.be

Publicités

Une Réponse to “Trois en un… voire quatre, au Musée de la Photo”

  1. nico juin 10, 2009 à 15 h 57 mi #

    ça donne envie en tous cas!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :