Archive | décembre, 2009

I AM au micro de Charleroi Face B – Love in Respect Day

20 Déc

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Avant de devenir célèbres en évitant de peu la première place du concours d’Air Guitar, Charleroi Face B réalisait un exploit de taille, le 28 novembre dernier, en s’introduisant dans les coulisses du Love in Respect Day pour interviewer – à l’arrache – AKHENATON, le leader du groupe de rap marseillais I AM.

Si ça, c’est pas Charleroi, en tout cas, C’EST DE LA BOMBE 🙂 Et c’est exclusif!

Charleroi Face B a toujours un plan B.

Le Love in Respect Day était organisé par les Mutualités Socialistes dans le cadre de la lutte contre le sida.

Images et montage: Jima (merci à lui!)


Charleroi/Danses: la Biennale

6 Déc

La Biennale de Charleroi Danses, a priori, ça ne me disait rien. De toutes les disciplines artistiques, c’est la danse qui m’a toujours semblé la plus difficile à cerner, plus encore que l’opéra ou l’art contemporain. Charleroi/Danses, je connais – forcément, c’est super connu – mais je ne suis jamais allée aux Ecuries. Trop élitiste, trop abstrait, trop prise de tête, trop cher : autant d’idées reçues que j’avais sur l’opérateur culturel le plus internationalement renommé de Charleroi.

Et puis, le programme du festival a atterri dans mes mains, et me voilà partie à la découverte de trois performances gratuites, qui ont changé ma vision des choses.

(Photos: Emilie Jacquy)

STREET PERFORMANCE

Gwendoline Robin

Samedi 14 novembre à 15h50, j’arrive sur la Place Charles II. A première vue, rien n’indique qu’il va se passer quelque chose, à part la « rubalise » (bande plastique rouge et blanche) qui délimite un périmètre de sécurité, devant les marches de l’Hôtel de Ville. Les mêmes que la police utilise pour sécuriser les lieux d’un crime. Quelques personnes attendent déjà, le regard fuyant, amusé. C’est marrant comme dans ce genre d’événements qui sortent du cadre, les gens sont mal à l’aise. Mais heureusement, des visages familiers commencent à nous rejoindre : l’establishment de la culture carolo, la presse, ceux qui viennent à tout, et même quelques novices qui passaient par là, attirés par cet attroupement inhabituel. Je suis en terrain connu.

Dans l’espace interdit, il y a des monticules de terre qui font penser à des terrils, reliés entre eux par une mèche. Gwendoline Robin (l’artiste) entre en scène et commence par tracer des cercles invisibles avec un tube, auquel elle vient de mettre le feu. Pitié, pas de masturbation intellectuelle 🙂

J’ai déjà commencé à faire ma mauvaise langue, avec mon voisin de droite, un bruxellois qui s’avère en fait un ancien camarade de journalisme. Ben oui, les performances c’est souvent un peu trop conceptuel pour les gens comme nous, qui vivons dans la vie réelle.

Après quelques longues minutes, à l’aide du même tube, elle finit par allumer la mèche (rappelez-vous, celle qui relie tous les monticules de terre). Et là, alors qu’on croit que ça va prendre une heure, c’est la surprise générale : le monticule le plus proche de moi explose, se décomposant en projectiles sur le public ébahi. On est à peine remis, que ce sont tous les terrils qui explosent en même temps, créant une guerre des tranchées du 21ème siècle. On secoue sa veste, on se regarde, on rit d’avoir été piégé.

Place maintenant au spectacle final : l’artiste enfile une combinaison genre cosmonaute, une cagoule de braqueuse de banques, et s’attache des explosifs aux mollets. Le silence fait place à des murmures, et l’attente n’est pas très longue avant qu’elle ne se fasse exploser sans prévenir.

Waouh ! Ca, c’est du spectacle ! (Rassurez-vous, l’artiste est toujours en un seul morceau)

Le sens de tout cela ? Je n’en ai pas la moindre idée. Le rapport avec la danse ? Il ne saute pas aux yeux non plus. Mais j’apprécie le côté inattendu et unique de cette performance. C’est pas tous les jours qu’on fait exploser Charleroi !

Puis, ce qui est bien avec les performances, c’est que les gens se dispersent aussi rapidement et aussi anonymement qu’ils sont venus.

DANSE, DANSE, DANSE, TANT QUE TU PEUX

Lise Duclaux

Je continue rue Neuve. Il y a là, paraît-il, des gens qui dansent dans une vitrine.

C’est facile, il suffit de chercher l’attroupement des spectateurs de l’insolite, constamment renouvelé par le départ de l’un et l’arrivée de l’autre.

Tous les regards sont tournés vers un couple qui danse derrière une vitre, dans un décor épuré. En s’approchant et en tendant l’oreille, on peut percevoir les sons qui mettent leur corps en mouvement. Je reconnais Marcia Baila, des Rita Mitsuko. Le couple danse, tant qu’il peut, il danse depuis une heure, peut-être deux. Jamais il ne s’arrête, jamais il ne pose son regard sur nous. Chacun des partenaires n’a d’yeux que pour l’autre. Inlassablement, ils se laissent guider par la musique pour improviser des pas et nous transmettre leur joie d’être là.

C’est beau, apaisant. Ca fait du bien, une parenthèse dans la course effrénée de la journée.

Nous sommes invisibles, anonymes. Libres de partir comme on est venus. Et ça, ça fait du bien aussi.

STATIONS URBAINES

Maya Bösch

Troisième et dernière étape du voyage : la vigie. Oui, cette grande – et pas très esthétique – tour jaune qui surplombe le rond-point dit ‘du Marsupilami’.

Je me retrouve dans la file avec les mêmes visages familiers que tout à l’heure. Je retrouve le même amusement que tout à l’heure, aussi. De nouveau, on n’a aucune idée de ce qui nous attend, et on est tous dans la même galère. Surtout que les gens entrent par poignées dans un vieil ascenseur qui n’inspire pas confiance, et n’en redescendent pas. Ça rappelle un peu la « Quatrième dimension ».

Heureusement, rien de glauque, une fois le 17ème étage atteint. Le sommet de la vigie, ancien poste d’observation, s’est transformé en théâtre en plein ciel. Matelas, coussins et sacs de couchage sont disposés à même le sol : une sorte de camp de réfugiés qu’on nous invite à investir, le temps d’une pièce fleuve de 5 heures, intitulée Ein Sportstück. 5 heures, c’est pour les plus courageux hein. En fait, on est libres de rester le temps qu’on veut (ouf !)

Un poste de télé diffuse des images de match de tennis, pendant qu’une voix enregistrée déclame un texte farfelu. Moi, c’est plutôt l’ambiance qui m’intéresse, et l’ambiance est vraiment, vraiment particulière.

Et puis, il y a la vue. Imprenable. Insoupçonnée. Comme c’est beau, Charleroi, la nuit ! Les lumières de la ville, le vent piquant de novembre, le trafic vu d’en haut, les usines, les terrils…

On devrait ouvrir la Vigie plus souvent.

Finalement, j’aime bien les performances. Et j’aime bien ce que j’ai découvert de Charleroi/Danses.

Ce serait chouette que de nouveaux visages viennent se joindre à nous, la prochaine fois! ( Oui, c’est à vous que je parle!)