Archive | février, 2010

Face B rencontre Dig Up Elvis au Coliseum

24 Fév

Dig Up Elvis, c’est un groupe mélodramatique et postmoderniste français qui aime bien la Belgique, et dans ce groupe, il y a Julien Doré, le seul mec chez qui les crolles ont un effet glamour (et sexy).

Mais Dig Up Elvis, ce n’est pas seulement Julien Doré, et ce n’est surtout pas non plus « le groupe de Julien Doré ». C’est 5 musiciens talentueux qui pratiquent le second degré avec aisance et naturel, qui ont une  présence scénique so sexy et qui boivent bien une bière, comme tout le monde.

Ils sont passés par le Coliseum de Charleroi. On les a rencontrés. Ils ont aimé Charleroi (ben oui, puisqu’on se tue à vous le dire, que Charleroi, c’est bien!)

En bonus, quelques photos prises par Lionel Campion:

« Ils ont aimé » – Go or Grow (Théâtre de l’Ancre)

7 Fév
Charleroi Face B lance « Ils ont aimé », ou quand vous devenez nos yeux et nos oreilles. Parce qu’il se passe toujours quelque chose à Charleroi; parce que Face B ne peut pas être partout, tout le temps ; parce que vous, avez des choses à dire, et parce que parfois, on n’a pas envie d’écrire une tartine!
Premier essai avec Go or Grow, programmé à l’Ancre il y a quelques semaines.

« Ils ont 25 ans et leur diplôme de gestion en poche. Ils sont intelligents, compétents, créatifs et très motivés. Ils ont des rêves, des ambitions et le sens du défi. Ils espèrent un job où ils puissent donner leur pleine mesure. »

Fabrice, Sofia et Peggy se lancent pour nous: 3 textes, 3 visions, 3 témoignages.
‘Grandis ou va-t-en’

Question pour un bonus : à quelle période une boîte de consultance amasse-t-elle le plus de thunes? En temps de crise, quand ses clients – comprenez les entreprises -, sont prêts à tout pour ne pas boire la tasse, ou en période de croissance, quand tous cherchent à maximiser leurs profits? Peu importe finalement, une boîte de consultance tire toujours le jackpot !

Grow or go, présenté aux Ecuries du 12 au 16 janvier 2010, taille un costard à ce monde merveilleux de winners ambitieux qui prodiguent leurs pensées formatées à coup d’indicateurs économiques et d’objectifs à atteindre. Analyse clinique de cette économie de la performance, où l’humain n’est qu’une variable parmi d’autres.

Plus en phase avec l’actualité, tu meurs.

Une fois de plus, lAncre tape juste et démontre avec Grow or go que le théâtre, quand il n’est pas engoncé dans ses murs, reste une terrible machine à déformater les esprits. Vivement recommandé s’il repasse par chez nous.

Texte: Fabrice Laurent


‘La croissance ou rien…’

Ce spectacle dévoile le monde de la consultance avec une justesse qui fait froid dans le dos. En effet, tout contribue à cette ambiance glaciale : le décor, sobre et impersonnel. Une table, une chaise, un ordinateur, une projection de chiffres éclairant la scène. Les personnages, redoutablement formatés tant dans l’apparence vestimentaire que dans le langage. Ces clones en costard ou en tailleur haute couture s’expriment dans une langue codifiée et ne cessent de répéter des expressions comme autant de formules incantatoires : performance, compétition, flexibilité, adaptation, profit. C’est ça, l’esprit d’entreprise.

La pièce nous plonge dans un univers abstrait, froid et « rationnel ». Un univers lointain aussi, presque comme si il ne nous concernait pas, nous. Or, c’est une illusion. Car la seule raison qui anime les consultants en entreprise, c’est la croissance, et à tout prix. A aucun moment, on n’entend le terme « personne » car les êtres humains que nous sommes sont réduits à l’état de chiffres et de « pertes inévitables», comprenez licenciements en masse. La globalisation influe bien sur nos vies, dans la sphère professionnelle comme dans la sphère privée. En effet, nos vêtements, nos aliments, nos loisirs nous inscrivent dans la mondialisation.

Nous vivons dans une société de plus en plus complexe et compétitive où les enjeux sociaux, politiques, économiques, culturels et écologiques s’entrechoquent. Ainsi, on baigne dans la mondialisation des marchés économiques, à tel point que le terme “capital” est entré dans le vocabulaire quotidien. La publicité nous assomme avec des produits garantissant notre « capital santé » ou notre « capital beauté ». La société de consommation dans laquelle nous vivons tous semble vouloir notre confort, notre bien-être à coup d’achats de produits toujours plus indispensables

Paradoxalement, cette recherche du bien-être général s’accompagne d’un recul de la solidarité, de la démocratie et des droits de l’homme. Les exemples proches de nous ne manquent pas : selon la CSC, les annonces de licenciements collectifs ont été deux fois plus nombreuses en janvier 2010 qu’en janvier 2009. En janvier de l’an dernier, 3.482 emplois avaient été supprimés alors qu’au cours de ce mois de janvier, les restructurations annoncées portent sur 6.621 emplois.

Cette situation est parfaitement illustrée dans « GROW OR GO », qui est un cynique tableau d’un monde en « croissance ».

Texte: Sofía Injoque Palla

‘Go or Grow

Ce que j’apprécie vraiment dans la programmation du Théâtre de l’Ancre, ce sont les différentes pistes qui nous sont données pour la lecture d’un spectacle : les rencontres et débats, simples et efficaces, ou la mise en parallèle avec des interprétations de la thématique dans d’autres disciplines.

Pour une fois, avec Go or Grow je n’ai assisté qu’à la pièce. J’ai ici découvert un univers tellement lointain de mon quotidien ! Un stéréotype tellement gros que je ne l’imagine qu’issu d’un film ou d’un roman.

Ici, le « montage » de la pièce vient d’un reportage. Pas vu… mais magistralement ressenti durant le spectacle. Les scènes sont séquences. Rewind, repeat, roulettes. La précision du geste observé chez les « vrais » prend toute son ampleur. Une mise en scène sobre et subtile. Ils sont vrais. Ils sont faux. Ils ne sont pas eux-mêmes. Normal, c’est du théâtre. Effrayant, ils reflètent la réalité, une des réalités de notre monde.

Texte: Peggy Francart

Concert de Ghinzu le 4 février 2010 à l’Eden

5 Fév

L’un des plus talentueux groupes de rock belge actuel en concert devant un parterre de 200 privilégiés… n’importe quel festivalier en hibernation en rêverait, Nathalie l’a fait ! Pour les adeptes des concerts pop-rock de l’Eden, inutile de vous présenter Nathalie, pour les autres, Miss De Lattre de son nom, c’est tout bonnement le Père Noel des oreilles carolorégiennes sous des allures de Wonderwoman. Avouez qu’amener Ghinzu ou Deus à jouer devant 200 personnes dans la ville la plus décriée de Wallonie faut quand même de sacrés pouvoirs non ?

Fin de la parenthèse, revenons au concert.

20h45 : Je trépigne d’impatience. Les yeux rivés sur cette mini scène balayée de lumière, j’engloutis le fond de ma bière pour me libérer les mains quand les premières notes de « Mother Allegra » se font entendre. Ca y’est, les voilà, encore une fois Wonderdelattre ne nous a pas menti.

« Mirror Mirror », « « Dream maker » les titres s’enchaînent mais le public tarde à s’enflammer, se contentant de timides mouvements de tête. Venus pour se réconforter avant leur 1er Forest National, les Ghinzu ne vont pas s’en satisfaire. Pourquoi faire tiède quand on peut faire bouillant ? Fini de rigoler, on ne propose plus, on ordonne : « Twist and Shout ! ». Taillé pour faire fondre la piste, le groupe se lance dans une reprise endiablée des Beatles avant de nous achever avec un « Purple rain » électrisant.

Le public est conquis, en trance devant ces héros modernes qui enchaineront 2 rappels. N’oubliant aucun de leurs tubes (« Dragster wave », « Do you read me », « blow », « Take it easy »…) John Stargasm finira même par nous offrir un piano-voix de « Sweet Love » en guise de cadeau d’adieu.

Après 2h de concert les lumières se rallument. Le plus naturellement du monde, le groupe se joint au public pour déguster une petite bière avant de se remettre en route.

Une chose est sure, ce jeudi 4 février 2010, n’importe quel festivalier en hibernation aurait rêvé… d’être carolo.

Photo: Jérôme K

http://www.jerome-k.com/