Focus Flamand et B.O. Country : le (sou)rire et les larmes

19 Oct

Dans le cadre du ‘Focus flamand’ programmé par L’Ancre et le PBA+Eden, le Studio Danse accueillait, du 14 au 16 octobre, « The Broken Circle Breakdown featuring the Cover-ups of Alabama ». Une pièce «melting pot» (du théâtre néerlandais, des sous-titres français, de la country américaine) pas vraiment évidente. A première vue.

Dans une ambiance saloon, Elise, Cow-girl à franges et langue noir, blablate en flamand avant d’entamer une bluegrass song, en compagnie de son ex-Didier et d’une bande de musiciens en costards blancs, Santiags et Stetson. À moins d’être fan de l’Amérique profonde et parfaits bilingues, on entre dans la pièce avec un certain scepticisme… Il ne faut pourtant pas 10 minutes pour être «dedans».

Pour la soirée et pour oublier le présent, Didier devient Monroe, Elise devient Alabama. Ils se balancent leurs vies, partagent des moments de tendresse passées, se souviennent… Ils content, ensemble mais souvent dos-à-dos, l’histoire de l’implosion de «leur» cercle. Le descente en enfer dans laquelle la maladie – et le décès – de leur petite Maybelle les a plongés. Alors que Didier en veut à Dieu et gueule sur la terre entière, Elise renonce, peu à peu. La langue charbon, c’est le – vain -lavage d’estomac.

La recette fonctionne à merveille : par la justesse du texte et des émotions (incarnées par les fabuleux Johan Heldenbergh et Mieke Doubles), par la balance parfaite du récit où la musique n’est pas là pour «faire joli» mais pour servir la narration. On est à mille lieu de la comédie musicale.

Et, sans forcément être toqué de country, on se doit d’admettre que les mélodies collent parfaitement à l’histoire : pour accentuer la sensibilité des faits comme pour alléger l’ambiance. Parce que, bien que terriblement grave, la pièce ne tombe pas dans le pathos. On rit – du mariage à Vegas, des mots d’enfants – malgré le conte infernal qui nous avale tout cru.

Et si, on souhaite que «ça se termine», c’est par peur de sangloter bêtement sur l’épaule du voisin (ou de la pénurie de kleenex qui guette) et non par lassitude.

La Cie Cécilia a de nouveau conquis wallons et carolo, et peut ramener sa – belle – langue quand elle veut. Au focus suivant ?

V. Pop

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