Archive | novembre, 2010

Coup de projecteur sur le Coli (la suite)

19 Nov

Pas le temps de chômer au Coli ! Deux semaines après le succès de Dub Inc, c’est Puggy qui débarque… et fait sold out ! Le 29 octobre, plus de 1200 personnes se bousculaient devant les portes de la rue de Marchienne pour assister au concert de ce groupe pop-rock belge qui cartonne en ce moment, du jamais vu ! Nous avons rencontré le groupe juste après leur sortie de scène… Une interview en toute décompression, empreinte de Belgitude qui démontre une fois encore que Charleroi et Culture, c’est loin d’être inconciliable…

Face B : Un Français, un Suédois et un Belgo-saxon, mais le groupe se revendique belge. Vous vous préparez à une grosse tournée en France, mais vous commencez par la Belgique. Elle aurait pu démarrer en France ou encore en Suède… Pourquoi la Belgique ?

Romain : C’est ici qu’on s’est rencontré, Matthiew y est né, Ziggy et moi habitons ici depuis 15 ans et pour nous, on ne pourrait pas se revendiquer autrement qu’en groupe belge. Quand on est à l’étranger, on dit qu’on vient de la Belgique et automatiquement, on est cadré comme tel, on s’exporte comme groupe belge… on a toujours représenté la Belgique, pour nous, c’est évident !

L’identité belge vous plait ?

Romain : bien sur, on en est très fier ! Il y a énormément de choses extraordinaires en Belgique. Ce n’est pas comme si on avait décidé d’être belge. C’est naturel, on n’allait pas s’appeler groupe suédois quand on va en suède et groupe français quand on va en France ou groupe anglais quand on va en Angleterre… ce serait absurde.

Matthew : C’est marrant parce que c’est une question qui revient assez souvent, les journalistes nous posent cette même question et on a pris l’habitude d’y répondre mais ça nous a étonné la 1ere fois qu’on nous l’a posée parce qu’en fait, nous, on ne se l’est jamais posée cette question. Maintenant oui, on est respectivement d’origine française, anglaise et suédoise et nous avons respectivement nos racines et nos vies et nos cultures, mais le groupe, Puggy, est belge ! C’est vraiment pas plus compliqué que ça en fait !

Et le suédois, content d’être « belge » ?

Ziggy : Mais oui, évidemment, on se sent tous les 3 à moitié belges, parce que ça fait pas mal de temps qu’on vit ici. En Belgique, on est à la maison !

C’était donc important pour vous de commencer par notre région ?

Matthew : En fait, on est vraiment sur la première vague de la tournée et donc justement, on voulait commencer par la Belgique. Pourtant on a signé en France, le label est en France et une grosse partie de la promotion se fait là-bas. On y a aussi passé un an pour développement de l’album. Le gros du travail s’est fait en France, et du coup, ça faisait plus ou moins un an qu’on n’avait pas réellement joué en Belgique. Je pense donc qu’on avait assez fait attendre notre public belge. Pour la sortie du nouvel album, on en a vraiment fait une priorité en commençant la tournée par ici. La France suivra et en février et mars, on est de retour à l’A.B. On va essayer de tourner pendant au moins un an et demi voire deux ans sur cet album et de revenir un max. Il y a aussi tous les bons festivals belges, on espère en faire le plus possible.

On va faire encore plus local… Vous êtes venus à Marcinelle pour le festival du Mât Noir, au Pack Rock et à Fleurus. Ca vous étonne si je vous dis qu’il y a quelques années, jusque dans le New York Time, on disait que Charleroi était le Chicago de Belgique et que la ville était culturellement morte ?

Matthew : Ah c’est marrant ça ! Mais est-ce que le journaliste était venu à Charleroi ou il a juste écrit ça….?

Matthew : Chicago est un des berceaux pour le Jazz moderne aussi donc je pense que le journaliste n’avait peut-être pas fait ses devoirs… Une grande partie du monde Jazz Belge vient de Charleroi, une grande partie des plus grands musiciens belges sont de Charleroi…

Ziggy: Il se passe pas mal de trucs là-bas, toute la scène « Indie » sort de Chicago…

Romain : Nous, on a été éduqué par Bruno Castellucci et Michel Gergiou et ils viennent tous les deux d’ici donc pour nous, ça a toujours été une évidence que culturellement, ils soient les meilleurs musiciens, quasiment de la planète… Ils y a des musiciens extraordinaires et, culturellement, ça tient plus que la route!

Matthew : Je me souviens, il y a une dizaine d’années, je venais jouer ici dans des clubs de blues, il y avait plein de bars, il y avait vraiment moyen de jouer à Charleroi. A Bruxelles, Il y avait beaucoup d’américains, dont Bill Roseman et toute cette clique-là… ils venaient souvent jouer à Charleroi. Ca m’est arrivé de venir avec eux, je prenais une guitare et je les accompagnais. Pour moi, Charleroi a toujours vibré par la musique, c’est clair !

Une petite dernière sur Charleroi… Vous allez justement jouer à l’A.B et pour nous, le Coliseum, c’est un peu notre petit A.B. Ca vous parle ?

Matthew : la configuration n’est pas différente, il y a une ressemblance évidente.

Romain : En arrivant, on s’est dit la même chose. Si on y mettait un peu plus de moyens, ça deviendrait une salle de fous ! Je veux dire, avec un beau plancher et un super pied, cette salle peut vraiment devenir mythique ! Ca ne demande pas grand-chose. Je ne l’avais jamais vue avant mais j’en avais entendu parler, on m’avait dit que c’était plutôt une discothèque…Honnêtement, ce soir, ça prouve que c’est une super salle ! L’infrastructure est vraiment faite pour accueillir les plus grands groupes, sans aucun doute !

Au niveau européen, des projets?

Matthew : Pour l’instant, il faut dire qu’on dépense tellement d’énergie sur la Belgique et la France, qu’on n’a tout simplement pas le temps d’y penser réellement. A côté de ça, on est tout de même déjà allé en Allemagne et en Angleterre et nous comptons bien y retourner. Mais avant ça, il faut préparer le terrain car ce sont des choses qui ne s’improvisent pas.

En première partie de votre concert, on retrouvait Kupid Kids. Un petit mot sur cet autre groupe belge ?

Matthew : Ils nous ont passé leur album et on compte l’écouter ce soir. Il sort dans une semaine je pense. Le single est vraiment très très fort, je crois qu’il a pas mal d’ « air play » aussi. Eux en tous cas, ils sont vraiment cool donc, ouais, on leur souhaite vraiment longue vie. Si ce qu’ils ont fait ce soir représente l’album, je pense qu’ils n’ont pas à s’inquiéter du tout ! De nouveau, la Belgique a encore beaucoup à offrir. C’est marrant parce qu’à l’extérieur, la Belgique s’exporte vraiment bien, alors qu’ici les groupes doivent parfois se défendre voire se battre… Il y a énormément de « Belgophiles » en France et en Angleterre. Là-bas, la Belgique, c’est une marque de qualité. Ils s’en foutent si les groupes viennent de Charleroi, d’Anvers, de Liège, de Bruxelles ou encore de Gand. Quand les français et les anglais voient les groupes belges, ils se disent que ça va être un peu différent et de grande qualité.

Je suppose que vous n’avez pas eu le temps de visiter notre belle cité…

Matthew : Malheureusement, on n’en a pas vraiment eu le temps. En fait, on voyage énormément, on a été dans de superbes belles villes, mais souvent on voit juste une salle. C’est un peu différent à Charleroi, mais en général, les salles de concert sont en dehors de la ville, dans un zoning. Ce qu’on voit d’une ville se résume souvent à une autoroute, une salle de concert, un resto éventuellement et une chambre d’hôtel

Ziggy : Et à un sex shop aussi… [rire collectif]

La prochaine fois si vous avez le temps, et c’est une vraie invitation, vous nous contactez et on vous fait une chouette visite de Charleroi… !

 




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Coup de projo sur le Coli

17 Nov

Depuis quelques semaines, c’est avec une motivation non dissimulée que Face B a eu le plaisir d’assister à quelques grands moments de concert au Coliseum. Et pourtant rien sur le blog ?? Non, une contagieuse épidémie de grippe à bière n’a pas décimé l’ensemble de l’équipe. Nos appareils photo et nos caméras fonctionnent très bien, merci, pas besoin de créer une récolte de fonds (quoi que)… Et enfin non, notre blog n’a pas été la cible d’un dangereux groupuscule anti-culture carolo.

Toujours à l’affût des initiatives qui mettent Charleroi en valeur, Face B a préféré garder quelque temps au chaud ses précieuses infos afin de dépasser le cap de quelques reportages distillés au compte-gouttes… Cette semaine, c’est un véritable coup de projecteur que nous nous proposons de donner sur l’une des salles de concert les plus en vue de la région. Au travers de capsules vidéo, portraits et interviews, nous vous proposons de passer une petite semaine dans cette impressionnante bâtisse Art Nouveau qui, au fil de ses différentes transformations, a vu tant de générations défiler en ses murs.

Pour entamer cette série de reportage, revenons sur le 16 octobre dernier où pas moins de 650 personnes ont poussé les portes du Coli à l’occasion du concert de Dub Incorporation, célèbre groupe mélangeant avec punch reggae, rythmes orientaux et hip-hop. En première partie, le groupe de reggae carolo Clan d’Estime offrait un show dont l’énergie n’avait rien à envier aux suivants, devant une salle plus motivée que jamais ! Un groupe de la région mis à l’honneur devant une tête d’affiche internationale, on a déjà vu ça quelque part… et oui, ce concert était à nouveau organisé par le collectif BACK IN THE DAYZ, à qui nous consacrerons un article de cette série dans le courant de la semaine.

Découvrez sans attendre les images du concert. Pas d’interview cette fois (soucis techniques), mais l’important, c’est de compter le nombre de bras levés, parce que du monde, y en avait céééééssss.

Un coup d’gueule sur Charleroi! – La cabine à témoignages, PART 3

8 Nov

L’insécurité présumée? Ca bouge, mais pas encore assez? Manque de volonté politique? Ras-le-bol des médias qui critiquent?

La troisième et avant-dernière session de vos témoignages dans la CABINE, en août dernier.

Mesdames et Messieurs les politiques, écoutez-bien!

Mesdames et Messieurs, c’était ‘Bis-ARTS’!

8 Nov

Le festival Bis-Arts, 15ème édition, s’est achevé samedi par un concert de la chorale La Pastourelle, suivi par les covers de Pink Turtle, et à en croire les photos qui circulent sur facebook, ça ne manquait ni d’ambiance, ni d’éléments sustentatoires, samedi, à la brasserie de l’Eden 🙂

Avant de ranger les K-way jaunes et les Bizarroïdes au placard jusqu’à l’année prochaine, voici le quatrième morceau choisi, du quatrième Bizarroïde, qui nous parle d’un oiseau bizarre, lui aussi.

CliquezICI pour télécharger la version complète du Bizarroïde, Jour 4.

Le Jabberwock

L’illustre famille Burattini, c’est plus qu’un business, c’est une vraie tradition foraine. Rencontre avec son héritier, qui, un peu comme certains princes, attend patiemment de pouvoir s’émanciper de sa mère…

Votre foire, c’est une vraie histoire de famille !

Gérard Burattini : C’est pas toujours facile de travailler en famille. Ma mère n’arrête pas de m’interrompre, et hier, pendant l’exhibition, c’était vraiment trop. Le public vient pour voir un oiseau magique, pas une vieille grabataire. On ne peut pas faire sans elle, malheureusement. Elle n’a pas confiance en ses enfants. Et bon, elle me gêne un peu. Après, elle dit des chouettes trucs aussi, surtout qu’elle a l’expérience (ben oui, vu son âge), qui vient d’avant, quand elle travaillait avec papa.

Et le reste de la famille ?

G. B. : Mes frères sont là, bien sûr. Ils montent la baraque, ils manipulent le carillon. Il est mécanique, donc c’est vraiment pas quelque chose de facile.

C’est vous qui dirigez la petite troupe ?

G. B. : Petite troupe !? Bon, c’est vrai que depuis que le père n’est plus là, je suis à la barre, et je prends les décisions, mais toujours si maman est d’accord. Elle, elle fait ce qu’elle veut. C’est pas sa première baraque foraine !

Comment vous êtes-vous mis à la foire ?

G. B. : J’ai commencé quand j’avais 6 ans. Maintenant j’en ai 63 ! Ma mère, elle, comme on dit toujours, a plus de spectacles derrière elle que devant.

Vie foraine, vie de voyage ?

G. B. : On tourne partout où on nous le demande. On va même retourner en Afrique, au Burkina Faso en 2012, et on prévoit de relâcher le Jabberwock, de le rendre à la nature.

Vous en avez assez ?

G. B. : Ah ben non, elle marche bien cette attraction. Par contre, c’est du côté des associations de défense des animaux que ça pose problème. « Espèce en voie d’extinction », et tout le bazar. Va bien falloir s’y plier. Malgré que c’est notre gagne-pain, depuis cinq ans. C’était une belle rencontre, lorsqu’elle est venue fracasser son grand bec d’oiseau rare contre le mât central de notre chapiteau…

Est-ce que vous avez d’autres attractions pour la remplacer ?

G. B. : Bien sûr ! Ca pose pas de problème aux Burattini ! On a la Mouche noire de Caracas, une mouche qui fait des claquettes sur des airs de Fred Astaire. Puis le Lombric centenaire, qui est franchement pas mal. Et l’Orchidée polyglotte : le public propose une chanson, puis elle la reprend dans quatre ou cinq langues !

Durant l’exhibition, on a d’abord droit à un cours d’histoire

G. B. : C’est pas une ménagerie, il faut préparer le public. C’est ça notre art. Sinon quoi ? Le public il vient, mais il savoure pas la bête.

Il est presque parvenu à nous convaincre… Avec le poids d’une famille si illustre devant soi, trois générations de forains, on se laisse facilement embobiner. Palabre de forains oui ! Reste à voir s’il va nous le montrer, son oiseau mythique…

Propos recueillis par Sébastien Regniers

En apesanteur (Repite conmigo) – Bis-Arts is BACK – Jour 3

5 Nov

Le Festival Bis-Arts se poursuit dans les rues, les brasseries, les esplanades et surtout les façades de Charleroi. Troisième morceau choisi du BIZARROIDE, le magazine du festival, avec l’interview des créateurs de Repite conmigo! Toujours en collaboration avec le PBA+Eden et ses plumes bénévoles 🙂 Attention, plus que ce soir et demain pour profiter des spectacles curieux et insolites de Bis-Arts!

Cliquez ICI pour télécharger la version complète du Bizarroïde, numéro 3!

REPITE CONMIGO

Attention, corps en mouvement à signaler dans les airs du côté de la place du Manège ces vendredi et samedi. Pour « Repite conmigo », la scène du Palais des Beaux-Arts se déplace… sur la façade. Et à la verticale ! Des danseurs volants y défient les lois de la gravité dans un spectacle poétique en apesanteur…

Entre un entrechat  aérien et un petit verre à la Cuve, Saioa Fernández et Eduardo Torres, les acrobates-danseurs-chorégraphes de la Compagnie Delrevés nous parlent de leur travail de danse verticale. Avant d’aller assister à un autre des spectacles d’un festival dont ils comptent bien profiter aussi en tant que spectateurs !

Que signifie le nom de la compagnie, del revés ?

Saioa : En espagnol, mettre quelque chose « del revés » signifie le retourner. Nous, au lieu de danser sur un plan horizontal, on danse sur un plan vertical. On retourne les corps.

(Aurélien Rotureau, le compositeur, précise qu’en espagnol del revés s’emploie également pour décrire l’état de quelqu’un de « borracho », c’est-à-dire « ivre »)

Comment vous est venue l’envie de danser dans les airs ?

S. : Nous venons tous les deux du monde de la danse contemporaine. C’était un défi pour nous de trouver de nouvelles propositions scéniques.

Eduardo : Il y avait aussi l’envie de réaliser des interventions dans l’espace urbain, accessibles à tous.

S : En dansant à la verticale, les sensations sont très différentes. On travaille avec le corps mais aussi l’architecture, l’air et parfois même avec les oiseaux qui passent.

Comment se prépare une chorégraphie verticale ?

S. : Il y a d’abord une recherche au sol, à travers l’improvisation et d’autres techniques. Ensuite, on passe à la verticale. C’est là que ça se complique. Il y a beaucoup de choses qu’on ne peut pas faire en l’air. Par exemple, impossible de bouger les hanches. Mais il y a beaucoup d’autres possibilités à explorer également. C’est un peu un travail d’aller et retour entre le sol et l’air pour tester ce qui fonctionne.

Comment choisissez-vous les bâtiments ?

E. : Ce sont plutôt les villes et les festivals qui nous les proposent et on voit si c’est possible.

S. : La plupart du temps, ça l’est. Chaque bâtiment offre des difficultés et des possibilités que nous exploitons au maximum. Par exemple dans le placement des musiciens. Selon les cas, ils sont tout au-dessus ou plus bas. On travaille chaque fois deux jours sur place pour s’adapter au lieu.

Quelles étaient les spécificités de la façade du Palais des Beaux-Arts de Charleroi ?

E. : Il y a notamment un petit fronton où les musiciens seront placés, à la fois en hauteur et proches du public, qui pourra bien les voir, ce qui est assez rare.

S. : Un élément très agréable est l’amplitude du lieu, il n’y a pas de bâtiment tout près qui cache la vue, on a vraiment une sensation d’ouverture.

Quelle est le meilleur endroit où se placer pour profiter du spectacle en tant que spectateur ?

E. : Les sensations sont très différentes. Si on est juste en dessous, on a l’illusion que la façade est le sol, ce qui peut être très beau. Mais si on regarde de loin, on a une vision globale de l’ensemble (NDLR : On peut donc le voir et le revoir…)

S. : On peut aussi s’asseoir ou même se coucher. Pour être plus à l’aise et ne pas avoir mal au cou !

Il y a également deux musiciens qui jouent en live

E. : Oui, nous travaillons avec un compositeur français qui a créé des compositions originales pour le spectacle. Il y a une partie d’électro plus une guitare et un violoncelle qui jouent en live.

Y a-t-il un bâtiment où vous avez dansé qui vous a particulièrement marqué ?

Les 2, en choeur : La Villa Medici, à Rome. Parce que le bâtiment était massif, splendide et avec énormément de reliefs. C’était très difficile car on ne pouvait pas s’appuyer sur le mur tellement il y avait des décorations partout. Mais c’était magnifique.

Propos recueillis par J.B

 

Britain, 521 PCN, a Wednesday, about tea time… (Bis-Arts is BACK: Jour 2!)

4 Nov

‘Un roi Arthur’ – Vendredi 5 novembre, 19h à l’Eden (Gratuit!)

Deuxième volet de notre collaboration avec le PBA+Eden à l’occasion du Festival Bis-Arts 2010, avec un autre article issu du magazine du festival! Et la version complète du Bizarroïde d’aujourd’hui, téléchargeable en bas de page. Régalez-vous, ça a l’air terrible!

Haut les trompettes, voici « Un Roi Arthur »! VIe siècle après Jésus-Christ, ces satanés Saxons s’apprêtent à conquérir la Bretagne. La grande, pas l’autre, la petite, même si Les Grooms, eux, seraient plutôt des Français, enfin disons des Celtes, et sont donc définitivement du côté des Bretons. Si vous ne suivez pas, faut pas vous en faire : les cours d’histoire et d’anglais sont inclus dans le package gratuit ! Repeat after me : les Bretons (yeaaahhh) et les Saxons (ouhouu) s’opposent dans une lutte sans merci pour conquérir un royaume et la douce aveugle qui complète le petit lot de récompenses de celui qui gagnera la bataille.

S’opposent un jeune et beau ténor et un baryton, plutôt vieux, laid et rebutant. En chœur grec, on retrouve une fanfare de clarinette, saxophones et autre trompette, et parfois quelques flûtes ! Sur le lutrin, une partition qui se danse en farandole (ben oui, s’il y a un mariage) ou en hip-hop (texte + musique : Eminem n’a décidément rien inventé). Merlin, lui, n’est plus magicien mais alchimiste, avec des airs de David Copperfield croisé avec la belle-mère de Blanche-Neige, version sorcière, le cache-sexe en plus.

A coups de décrets de jours de fêtes (pour la victoire, pour le plaisir, pour tout, du moment qu’on peut faire la fête), Les Grooms nous guident dans une histoire romanesque et enchanteresse. Le spectacle répond en plus à une question éternelle : mais que deviennent tous les « mauvais » élèves des académies de musique ? Mauvais, pas point de vue musical, non. Ils assurent plutôt, autant pour les voix que pour l’orchestre. Je parle de tous ceux dont on sait, dès l’entrée à l’école de musique, que malgré leur talent, ils ne trouveront jamais leur place dans l’Orchestre National, ou dans les chœurs de l’Opéra de Wallonie. Ben oui, ceux du fond de la classe près du radiateur ! Imaginez-vous des pétards exploser au milieu de la Monnaie ? Ou une bonne pinte dans les mains du chef d’orchestre ? Par contre, question reconstitution des foires et des spectacles d’époque (Purcell, 1691 !), pas moyen de faire mieux !

Un divertissement complet, voilà ce qui plait à la cour du nouveau Roi. Plus de fêtes, plus de rires, et des comédiens plus qu’à la hauteur ! On n’imagine pas un match de catch entre deux compétiteurs du Reine Elisabeth, et encore moins entre deux têtes couronnées… Pourtant, le sport se révèle plus qu’intéressant : en chemise, ou (presque) nus à la romaine, les corps athlétiques combattent jusqu’au dénouement ! Que le plus rieur perde, et laisse l’autre se frotter à la ravissante aveugle. Oui, bien sûr, nous nous rallions aux Bretons, contre cet horrible envahisseur saxon, ce fruste qui ne désire que tripoter la jolie princesse !

Si l’accent n’est pas le même (Ze king is coming), qui a dit que les Monty Pythons n’avaient pas laissé d’héritiers ? Le chant est excellent, la mise en scène aussi, qui permet à la fois aux comédiens de se changer (en fleur ?) sans que le public ne puisse le voir, mettant en place des coulisses naturelles, puisqu’humaines, et un humour qui dépasse le texte, valorisant un opéra oublié et une langue qu’hélas nous n’apprenons plus : l’anglais shakespearien. Tout pour plaire aux plus jeunes comme à leurs ainés. Alors laissez-vous guider par ces petits Spirous !

Cliquez sur l’image pour téléchargez le BIZARROIDE d’aujourd’hui et découvrir les coulisses des spectacles!

Bis-Arts is BACK!

3 Nov

Si vous pensiez vous reposer pendant le ‘congé de Toussaint’,  c’est raté. Pas de temps pour  le nettoyage d’automne, le dernier épisode de votre série en streaming ou encore la traditionnelle visite de courtoisie chez la ma-tante qu’on n’a pas vue depuis le nouvel-an. Le Festival Bis-Arts est de retour à sa période de prédilection! Après une tentative printanière, suivie d’une longue absence d’un an et demi, Bis-Arts nous revient pour 4 jours d’insolite et de curieux, un peu partout en ville… Et en duplex sur le blog de Face B!

ICI-MEME, retrouvez chaque jour un article du ‘BIZARROIDE, le magazine du festival, histoire de vous donner l’eau à la bouche! Un partenariat PBA+Eden et Charleroi Face B, où l’on doit bien avouer que ce sont les bénévoles du PBA qui font tout 🙂

La version longue du magazine est téléchargeable au lien ci-dessous! Le magazine est également distribué dans sa version papier pendant toute la durée du festival, à chaque spectacle! Demandez votre exemplaire!

Cliquez ICI pour téléchargez le bizarroïde numéro 1

Bizarroïde n°1: interview de Pascal Rome, metteur en scène de « La Quermesse de Ménétreux ».

A peine sorti du train à Charleroi Sud après 1h30 de trajet et une grosse journée de travail, il a tout de suite accepté de répondre à nos questions. Les informations qui suivent ont été captées entre quatre-cinq salutations d’autres artistes fraîchement arrivés. Bref, les conditions n’étaient pas idéales mais la motivation à répondre aux questions bien. Ca donne ce qui suit…

Présentez-nous  votre personnage de « La Quermesse de Ménétreux »?

Il s’appelle Serge. Il est président du comité des fêtes et il est marié. C’est un ancien menuisier.

Les autres membres du comité des fêtes sont-ils tous des natifs de Ménétreux?

Pas spécialement. Il y a un Parisien qui est marié avec une fille du village, par exemple, mais tous les membres du comité des fêtes sont attachés à Ménétreux. Nous sommes de Bourgogne et nous venons présenter notre Quermesse, qui est notre fierté locale. Tous les ans, le 1er mai, les habitants du village tiennent un stand. Ils le défendent avec une générosité et une inventivité mêlées. C’est d’ailleurs ce qui fait de la Quermesse de Ménétreux une Quermesse exceptionnelle par rapport à celles des villages des alentours.

Comment êtes-vous arrivés à ce résultat?

Ce spectacle a été joué 6 ou 7 fois en construction: nous l’aménagions, nous le corrigions, nous l’améliorions au fur et à mesure des représentations.

Avec un public familier, composé d’amis, de proches?

Non, un public qui venait dans un festival, par exemple…Sur une forme qu’on était en train d’expérimenter. Ca s’est fait par couches, par touches aussi. Nous avons décidé de travailler le thème du feu avec la compagnie Carabosse. Nous avons mis en place un feu qui a une histoire légitime avec la Quermesse dans ce village. Celui qui nous paraissait le plus adapté est le feu des becs de gaz parce que c’est une flamme domestiquée très simple, à la couleur extraordinaire. Quand on a travaillé avec les feux de Carabosse, on s’est dit qu’on tenait notre Quermesse. On s’est senti bien au chaud, bien éclairés… Chez nous! C’était il y a un an. On a approfondi ce feu en juin, on a réaménagé la création autour de propositions plus généreuses, on a réécrit, on réinterrogé les stands… pour en arriver à la Quermesse d’aujourd’hui: avec des personnages qui commençaient à savoir pourquoi ils étaient là, à avoir un bon rapport avec le public…

Quels sont, de manière générale, les retours de votre public?

Il s’y sent bien. Il apprécie l’ambiance et les gens. La Quermesse va chercher des souvenirs d’enfants dans nos placards intérieurs. On a tous participé à des fêtes de village étant enfants et on retombe un peu là-dedans. Mais en même temps, tout ce qu’on propose est éloigné de la réalité puisque tous les stands sont des stands décalés. On s’est amusés à garder les règles et le principe de certains jeux traditionnels et on les a détournés.

Quel est l’objectif de ce spectacle?

C’est un spectacle de lien qui met en orbite la nécessité des rituels. Pourquoi et comment les gens se retrouvent ensemble pour faire la fête et partager. Nous parlons aussi du regard que l’on peut porter sur la culture de l’autre. A l’issue de la Quermesse, il y a un mot de la fin qui nous rappelle qu’il ne faut pas juger trop hâtivement. A travers le jeu, nous offrons une petite vitrine sur le monde, qui peut symboliser une fenêtre sur le grand monde.

Pourquoi une kermesse?

C’est une fête généreuse, populaire, un lieu de rencontres. Nous nous sommes demandé comment le théâtre peut convoquer des rituels festifs comme celui-là et comment on peut interroger les choses à travers ces rituels, mettre en évidence le jeu de l’acteur, le théâtre discret et plus étalé, plus démonstratif. Il y a des réalités minimalistes et individuelles, il y a du collectif,…Le tout est une proposition hétéroclite où le public trouve lui-même son passage. On lui propose un rendez-vous, nous commençons vraiment à une heure précise parce qu’il y a un rituel de début. Le spectateur va être actif, il va participer et, à la fin de la soirée, on lui donne un dernier rendez-vous, on a envie qu’il reste jusque là. Jusqu’au moment où on éteint les lumières. Cette Quermesse fonctionne donc avec un rendez-vous théâtral et certains codes qu’on peut essayer de retrouver.

Comment appréhendez-vous les représentations pour bis-ARTS ?

La particularité du public du festival bis-ARTS est d’être accoutumé à des espaces et des univers singuliers. Les gens viendront avec de l’énergie pour partager l’histoire de la Quermesse et, en même temps, suivre l’histoire comme on suit un spectacle C’est toute cette finesse qui fait que ce spectacle prend tout son sens et est super agréable à vivre. Ca traîne toujours après le spectacle, le public a du mal à partir.

Et Pascal Rome s’en est enfin allé souper et organiser l’arrivée du reste de sa troupe…

Propos recueillis par Claire Lombart