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Que faire quand une foule s’en mêle ?

2 Mar

Que faire dans nos rêves les plus fous pour changer le monde ? Nous, enfants de la crise économique, sociale, politique, écologique, que nous reste-t-il à opposer à la réalité ? Que faire ?, un projet familial, révolutionnaire qui oppose trois façons radicales de changer le monde. Le BPS 22 offrait la possibilité, dans le cadre du Festival de Liège à Charleroi, de voir ce spectacle ces 16-17-18 février.

Au départ, Que faire ? était un projet ‘familial’ d’une troupe de Liège. Un projet auquel a été conviée une foule d’inconnus. Sébastien, Julie, Alberto, Romain, Damien, J-B, Michel, Manon étaient déjà unis par des  liens très forts. Je pensais que ce serait beaucoup plus difficile de s’intégrer dans cette équipe soudée. Ma surprise fût grande.

La foule que nous composions était riche en personnalités et personnages très différents les uns des autres. Voire aux pôles opposés. Pourtant, dès les premières répétitions, nous avons appris à nous connaître dans nos différences et dans nos points communs. Age, milieux, culture, tous étaient mélangés ! Certaines personnes se découvraient tandis que d’autres se retrouvaient.

Nous nous rencontrions chaque semaine, après le boulot, après les cours, jamais sans motivation. Dès le début, l’équipe nous a transmis une énergie monstre. J’ai eu l’impression que l’équipe de « Que faire ? » s’était mis comme point d’honneur de nous connaître tous. Nous avons toujours été considérés comme acteurs, partie intégrante de l’équipe, et non comme de simples figurants.

Des gens partaient, de nouveaux arrivaient. La foule changeait au gré des répétitions. Mais la motivation restait intacte. Certains étaient passionnés de théâtre, d’autres arrivés là par hasard. Il n’en restait pas moins que tous ont donné leur maximum afin que le spectacle soit exactement celui que l’équipe avait imaginé.

Février et donc, l’heure des représentations, est arrivé très vite ! Une légère pression dans les coulisses, mais surtout une entente incroyable, une ambiance festive. Les petits comités du début se sont rapidement agrandis !

Premiers pas face au public, le cœur battant, la démarche assurée mais pas trop. Sensation in-des-cri-pti-ble ! Tout se passe très vite, sans doute trop.

Chaque soir, l’émotion est à son comble. Chacun porte désormais ce projet en lui. Nous avons donné le meilleur que nous avions pour épater non seulement le public, mais aussi l’équipe entière.

Cette expérience, hors du commun, nous a permis de rencontrer des personnes que nous n’aurions sans doute pas connues si nous n’avions pas participé à ce spectacle.

Quoi de meilleur comme conclusion que des propos recueillis au sein des figurants?

« Une aventure Humaine, pleine de vie et d’espoir…  Une ouverture d’esprit à partager encore et toujours… De très belles rencontres, des moments formidables avec des personnes inoubliables! » Fadila

« J’ai été plongé totalement par hasard dans « Que Faire? », sous les recommandations de Fabrice Laurent. J’ai vu le spectacle sans la foule (évidemment, c’était nous) lors d’une répétition à la MPA, le sujet me paraissait vraiment bon ! De la révolution comme on l’aime. Puis au fil des répétitions, nous avons visité divers lieux, jusqu’à voir le spectacle dans sa véritable atmosphère (dans sa version Carolo), au BPS22. La machine était en marche, impossible de l’arrêter. Énorme expérience, à refaire sans hésitation ! » Massimo

«  ‘Que faire ?’, un super projet, une super équipe, de supers participants. On était bien encadrés mais on a quand même pu faire preuve de créativité dans le choix de questions ou de nos occupations dans Central Park. Répétitions, travail intense dans la joie et la bonne humeur. Au départ, je ne connaissais que quelques personnes, puis je m’y suis fait plein d’amis. Que du bonheur ! On recommence quand ? » Irène

Merci à Sébastien, Julie, Alberto, Romain, Damien, J-B, Michel et Manon pour ces moments tous plus forts les uns que les autres.

Reste à répondre à la question : que faut-il faire ? La première ébauche de réponse que je donnerais, c’est quoique nous fassions, nous devons le faire ENSEMBLE car ENSEMBLE, on est plus forts.

 

Une initiative de L’Ancre et de la Compagnie « Que faire ? ».
En partenariat avec PAC, Couleur Quartier, la Maison pour Associations et le BPS22.

 


Texte: Mélanie Carboni

Photos: Fabrice Laurent

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La cabine à témoignages à la MPA: 2ème partie!

20 Fév

Qu’est-ce qui manque à mon quartier?

Réponses de Muriel, Malika, Vincent, Mélanie, Livia, Cocotte, Thomas, Jean-Michel, Ronald, Olivier, Irène et les autres!

A la Maison Pour Associations, salon de la vie associative en octobre 2010

Coup de projecteur sur le Coli (la suite)

19 Nov

Pas le temps de chômer au Coli ! Deux semaines après le succès de Dub Inc, c’est Puggy qui débarque… et fait sold out ! Le 29 octobre, plus de 1200 personnes se bousculaient devant les portes de la rue de Marchienne pour assister au concert de ce groupe pop-rock belge qui cartonne en ce moment, du jamais vu ! Nous avons rencontré le groupe juste après leur sortie de scène… Une interview en toute décompression, empreinte de Belgitude qui démontre une fois encore que Charleroi et Culture, c’est loin d’être inconciliable…

Face B : Un Français, un Suédois et un Belgo-saxon, mais le groupe se revendique belge. Vous vous préparez à une grosse tournée en France, mais vous commencez par la Belgique. Elle aurait pu démarrer en France ou encore en Suède… Pourquoi la Belgique ?

Romain : C’est ici qu’on s’est rencontré, Matthiew y est né, Ziggy et moi habitons ici depuis 15 ans et pour nous, on ne pourrait pas se revendiquer autrement qu’en groupe belge. Quand on est à l’étranger, on dit qu’on vient de la Belgique et automatiquement, on est cadré comme tel, on s’exporte comme groupe belge… on a toujours représenté la Belgique, pour nous, c’est évident !

L’identité belge vous plait ?

Romain : bien sur, on en est très fier ! Il y a énormément de choses extraordinaires en Belgique. Ce n’est pas comme si on avait décidé d’être belge. C’est naturel, on n’allait pas s’appeler groupe suédois quand on va en suède et groupe français quand on va en France ou groupe anglais quand on va en Angleterre… ce serait absurde.

Matthew : C’est marrant parce que c’est une question qui revient assez souvent, les journalistes nous posent cette même question et on a pris l’habitude d’y répondre mais ça nous a étonné la 1ere fois qu’on nous l’a posée parce qu’en fait, nous, on ne se l’est jamais posée cette question. Maintenant oui, on est respectivement d’origine française, anglaise et suédoise et nous avons respectivement nos racines et nos vies et nos cultures, mais le groupe, Puggy, est belge ! C’est vraiment pas plus compliqué que ça en fait !

Et le suédois, content d’être « belge » ?

Ziggy : Mais oui, évidemment, on se sent tous les 3 à moitié belges, parce que ça fait pas mal de temps qu’on vit ici. En Belgique, on est à la maison !

C’était donc important pour vous de commencer par notre région ?

Matthew : En fait, on est vraiment sur la première vague de la tournée et donc justement, on voulait commencer par la Belgique. Pourtant on a signé en France, le label est en France et une grosse partie de la promotion se fait là-bas. On y a aussi passé un an pour développement de l’album. Le gros du travail s’est fait en France, et du coup, ça faisait plus ou moins un an qu’on n’avait pas réellement joué en Belgique. Je pense donc qu’on avait assez fait attendre notre public belge. Pour la sortie du nouvel album, on en a vraiment fait une priorité en commençant la tournée par ici. La France suivra et en février et mars, on est de retour à l’A.B. On va essayer de tourner pendant au moins un an et demi voire deux ans sur cet album et de revenir un max. Il y a aussi tous les bons festivals belges, on espère en faire le plus possible.

On va faire encore plus local… Vous êtes venus à Marcinelle pour le festival du Mât Noir, au Pack Rock et à Fleurus. Ca vous étonne si je vous dis qu’il y a quelques années, jusque dans le New York Time, on disait que Charleroi était le Chicago de Belgique et que la ville était culturellement morte ?

Matthew : Ah c’est marrant ça ! Mais est-ce que le journaliste était venu à Charleroi ou il a juste écrit ça….?

Matthew : Chicago est un des berceaux pour le Jazz moderne aussi donc je pense que le journaliste n’avait peut-être pas fait ses devoirs… Une grande partie du monde Jazz Belge vient de Charleroi, une grande partie des plus grands musiciens belges sont de Charleroi…

Ziggy: Il se passe pas mal de trucs là-bas, toute la scène « Indie » sort de Chicago…

Romain : Nous, on a été éduqué par Bruno Castellucci et Michel Gergiou et ils viennent tous les deux d’ici donc pour nous, ça a toujours été une évidence que culturellement, ils soient les meilleurs musiciens, quasiment de la planète… Ils y a des musiciens extraordinaires et, culturellement, ça tient plus que la route!

Matthew : Je me souviens, il y a une dizaine d’années, je venais jouer ici dans des clubs de blues, il y avait plein de bars, il y avait vraiment moyen de jouer à Charleroi. A Bruxelles, Il y avait beaucoup d’américains, dont Bill Roseman et toute cette clique-là… ils venaient souvent jouer à Charleroi. Ca m’est arrivé de venir avec eux, je prenais une guitare et je les accompagnais. Pour moi, Charleroi a toujours vibré par la musique, c’est clair !

Une petite dernière sur Charleroi… Vous allez justement jouer à l’A.B et pour nous, le Coliseum, c’est un peu notre petit A.B. Ca vous parle ?

Matthew : la configuration n’est pas différente, il y a une ressemblance évidente.

Romain : En arrivant, on s’est dit la même chose. Si on y mettait un peu plus de moyens, ça deviendrait une salle de fous ! Je veux dire, avec un beau plancher et un super pied, cette salle peut vraiment devenir mythique ! Ca ne demande pas grand-chose. Je ne l’avais jamais vue avant mais j’en avais entendu parler, on m’avait dit que c’était plutôt une discothèque…Honnêtement, ce soir, ça prouve que c’est une super salle ! L’infrastructure est vraiment faite pour accueillir les plus grands groupes, sans aucun doute !

Au niveau européen, des projets?

Matthew : Pour l’instant, il faut dire qu’on dépense tellement d’énergie sur la Belgique et la France, qu’on n’a tout simplement pas le temps d’y penser réellement. A côté de ça, on est tout de même déjà allé en Allemagne et en Angleterre et nous comptons bien y retourner. Mais avant ça, il faut préparer le terrain car ce sont des choses qui ne s’improvisent pas.

En première partie de votre concert, on retrouvait Kupid Kids. Un petit mot sur cet autre groupe belge ?

Matthew : Ils nous ont passé leur album et on compte l’écouter ce soir. Il sort dans une semaine je pense. Le single est vraiment très très fort, je crois qu’il a pas mal d’ « air play » aussi. Eux en tous cas, ils sont vraiment cool donc, ouais, on leur souhaite vraiment longue vie. Si ce qu’ils ont fait ce soir représente l’album, je pense qu’ils n’ont pas à s’inquiéter du tout ! De nouveau, la Belgique a encore beaucoup à offrir. C’est marrant parce qu’à l’extérieur, la Belgique s’exporte vraiment bien, alors qu’ici les groupes doivent parfois se défendre voire se battre… Il y a énormément de « Belgophiles » en France et en Angleterre. Là-bas, la Belgique, c’est une marque de qualité. Ils s’en foutent si les groupes viennent de Charleroi, d’Anvers, de Liège, de Bruxelles ou encore de Gand. Quand les français et les anglais voient les groupes belges, ils se disent que ça va être un peu différent et de grande qualité.

Je suppose que vous n’avez pas eu le temps de visiter notre belle cité…

Matthew : Malheureusement, on n’en a pas vraiment eu le temps. En fait, on voyage énormément, on a été dans de superbes belles villes, mais souvent on voit juste une salle. C’est un peu différent à Charleroi, mais en général, les salles de concert sont en dehors de la ville, dans un zoning. Ce qu’on voit d’une ville se résume souvent à une autoroute, une salle de concert, un resto éventuellement et une chambre d’hôtel

Ziggy : Et à un sex shop aussi… [rire collectif]

La prochaine fois si vous avez le temps, et c’est une vraie invitation, vous nous contactez et on vous fait une chouette visite de Charleroi… !

 




Get your own map of Charleroi! Le tourisme Face B en vidéo!

12 Juin

Y a ceux qui skatent, et ceux qui skettent (des bières)! – Skate Contest, 13 mars 2010

30 Mar

(Samedi 13 mars 2010, Skate Contest – Ministère des Finances)

Un peu plus d’une cinquantaine de personnes massée devant le ministère des finances, quelques planches qui claquent, un peu de bière… ne vous inquiétez-pas la police veille ! Rassemblement de personnes non-autorisé, au revoir et merci, vous avez une demi heure pour aller voir plus loin !!! Magnanimes quand même les flics…

Trente-quatre minutes plus tard, mouvement de foule direction le parking des TEC derrière le pont. Sol nickel pour rouler, pas de voisins importunés, décor très underground, tout y est, le skate contest peut reprendre.

Changement de décor mais pas de scénar : Silence, les bus se reposent ! La brigade de choc des TEC arrive en force, enfin à deux. Désolé, vous êtes sur une propriété privée, vous perturbez les chauffeurs en pause. Quoi, il y aura grève demain ?

Après un petit crochet par le ministère juste pour le fun, le road movie urbain s’achève au Vecteur avec la projection d’un docu consacré au skate bien sûr, ‘This Time Tomorrow’. Ça au moins, c’est encore permis…

Il y a dix ans, le périple m’aurait sans doute amusé et le récit légèrement romancé m’aurait sans doute valu l’exclu de 10h dans la cour du collège dès le lundi. Mais, au-delà de la nostalgie des bons délires des mercredi après-midi devant le ministère, un triste constat s’impose. Volonté politique ou pas, aujourd’hui comme il y a dix ans, aucun espace n’est prévu dans la première métropole wallonne pour les nombreux amateurs de skate !

Malgré les innombrables initiatives et sollicitations de collectifs comme Carolozoo, ‘hôte’ du jour, l’espoir qu’un skate parc voit le jour à Charleroi n’a jamais dépassé le stade des vagues promesses politiques.

Plus globalement, alors que notre ville est en pleine mutation, on peut déplorer que la culture urbaine en général ne trouve toujours pas de place dans les grands projets de réaménagement.


« Elles ont aimé »… La soupe de Madame Espérance!

29 Mar

Depuis le mois de février, et jusqu’en septembre prochain, Sambraisie et Arts Nomades vous invitent à habiter le quartier de l’Eden, en prévision du festival « Plein la rue » 2010. Chaque mois, Madame Espérance et ses complices installent leur roulotte sur la Place du Bourdon et partagent un bol de soupe avec tous ceux qui veulent s’arrêter un instant, dans leur course folle.

Le samedi 20 mars dernier, « elles » ont rencontré Madame Espérance, et elles ont aimé.

Marie-Claire

Vous vous souvenez de la fête de quartier « Plein la rue », en septembre 2009 ? Un des centres en était la cuisine de Madame Espérance, installée sur la place du Bourdon. C’est tous les mois maintenant qu’ont lieu sur la place du Bourdon ces soupes de Madame Espérance, en prolongement de la fête passée, en prévision de celle à venir. Une collaboration de Sambraisie et d’Arts Nomades. Une occasion de rencontre entre les gens du quartier, et aussi avec ceux qui ont envie de partager ce moment de convivialité.

Ce samedi 20 mars, c’était une soupe de printemps, il y avait déjà un peu plus de monde, les habitudes se prennent doucement. En famille, sous le soleil, et des passants qui passent puis traînent. On parle de tout et de rien, les enfants jouent et construisent avec des pommes de terre de jolies marionnettes qu’ils mettront en scène juste avant la soupe. Et puis Claudia Shallow nous avait rejoints pour mixer ses belles musiques.

Simple moment de rencontres et de plaisirs partagés…. La prochaine soupe se dégustera le vendredi 23 avril.

Emilie

‘Le quartier de l’Eden’ ? Ça sonne bizarre… Pour moi, le quartier de l’Eden, c’est une pause, à la moitié de la rue de la Montagne. Genre quand on arrive à la Boutique NRJ, on est presque au bout. L’Eden, c’est la frontière entre la Ville Basse et la Ville Haute. L’Eden, c’est aussi un carrefour qu’il veut mieux éviter à l’heure des sorties d’école. Puis c’est un lieu de culture, bien entendu.

Est-ce qu l’Eden est un quartier ? Pourquoi pas ? Il y a des gens qui y habitent, des gens qui y travaillent, une école, des associations, des maisons de jeunes, des restaurants. Puis après tout, c’est pas parce qu’on habite au centre-ville qu’on ne peut pas faire partie d’un quartier.

Un quartier, avec des voisins qui se connaissent, qui ont toujours un peu de farine, au cas où vous auriez oublié d’en acheter, des voisins qui se parlent et s’apprécient, des voisins qui se disputent pour une clôture ou des crottes de chien. Un quartier, avec des enfants qui roulent à vélo et jouent au foot en été. Un quartier où on organise des fêtes aussi. Oui, c’est une vision nostalgico-utopique, mais si on prend la peine de retourner à ce que l’on considère parfois comme un ‘âge de pierre’, on (re)prend vite goût aux plaisirs simples.

Samedi dernier, à 18h, après le boulot, je suis passée dire bonjour à Madame Espérance et à ses copains d’Arts Nomades. Et ça m’a fait plaisir de voir que leur pari est en train de se réaliser. Oui, il est possible de faire vivre une place qui n’en est pas vraiment une, de rassembler des voisins qui ne s’étaient jamais parlé, de mélanger trois générations autour d’un simple bol de soupe servi autour d’une roulotte qui, à première vue, n’a rien à faire là. A deux pas de la Place Charles II, à deux pas d’une artère commerciale, derrière un porche auquel personne ne prête jamais attention. Un village dans la ville.

Oui, je suis idéaliste, à la limite de la niaiserie. Mais si Espérance pouvait venir s’installer près de chez moi, ce serait vachement cool.

Photos: Marie-Claire Blaimont